Les Fonctions sensorielles des personnes âgées : Dans tous les sens – 20 Mai 2015 – Pitié Salpêtrière

Il est essentiel de prendre en compte l’aspect sensoriel pour tous les soignants. Le vécu de la perte des sens est douloureux. Il est nécessaire d’adapter notre communication aux déficits sensoriels

SOFRESC (Société Française de Réflexion Sensori-Cognitive)

  • Helson : Psychologue : Revue de Soins Gérontologique 2006 / n°57 : Perte des sens, Perte du sens.

La question de la perte des sens est souvent délaissée voir même ignorée de la psychologie, alors que c’est un point important de l’avancée en âge. Ex : Le fait de porter des lunettes, est un marqueur parmi d’autre que nous allons vers notre fin, par un émoussement progressif des sens.
Comprendre la vieillesse c’est comprendre l’ensemble de l’existence et comment nous entrons dans l’avancée en âge. Plusieurs crises : crise du milieu de vie, crise du nid vide, la retraite, les deuils, la ménopause,…
La vieillesse est le retour du refoulé (Freud)
La notion d’âge est subjective elle est relative à la façon dont nous appréhendons l’avancée en âge (Article dans la Revue Gérontologie et Société).
L’avancée en âge c’est l’adaptation aux pertes et la compensation de celle-ci qui est une notion différente du vieillissement : le moment où les pertes ne sont plus compensables, et qui marque le sentiment de vieillir.
Est-ce encore être adulte que d’être vieillard ? La vieillesse est l’âge de la dépendance.

Le mot Sens : est relatif aux 5 sens.
Quand on travaille sur l’âgé on a tendance à négliger le gendre alors que le rapport à la vieillesse et au temps n’est pas identique chez l’homme et la femme. Un processus de sénescence s’opère sur les 5 sens ; La vue : culture de l’image très importante dans notre société actuelle et l’ouïe : facteur de communication. Mais les 3 autres sens s’altèrent également dans le vieillissement. La baisse du goût ou de l’odorat peut par exemple expliquer un manque d’appétit, la modification du rapport au corps peut être transformée par la perte du toucher.
Le Sens est un organe ou une fonction sensorielle, marqué par la question du cognitif mais de l’affectif aussi et d’expériences vécues. Sensorialité/Sensualité/Sensibilité
A Damasio fait la distinction entre cognitif et affectif mais l’affectif se construit très tôt cher l’enfant, cette différence n’apparait plus si évidente, les deux sont très précoces.
Le sens c’est aussi la direction : là vers où je vais, le sens de la vie. Question de l’orientation de vie et de soi. L’Homme est un Être pris dans le temps, dans l’avancé en âge. La question de la motivation (le coping/l’autodétermination/l’adaptation/la psychologie positive humaniste : la résilience)
Le Sens signifie aussi la signification : donner du sens, une explication de ma présence au monde. La perte de sens, de la signification des choses, de ce qui est important dans ma vie.
Les 5 sens font partie des moteurs pour donner un sens à la vie, une signification à donner à l’existence, m’orienté dans la direction qui me convient avec l’expérience que j’ai (mémoire des sens, expérience incorporée : mémoire procédurale et affective). Rien ne se passe sans les rencontres de notre existence (la perte des sens isole du monde)

Il y a dans le grand âge un risque de désorientation (il peut avoir lieu à différents moments de la vie : monde du travail, adolescence…) mais surtout lorsque les capacités cognitives se détériorent.
L’altération d’un sens prend une signification différente pour chaque sujet, en fonction de l’investissement (musicien qui devient sourd, photographe qui devient aveugle…) On ne peut pas seulement évaluer la perte de l’acuité mais il faut prendre en considération la signification particulière pour un sujet particulier.
La perte des sens isole et produit une perte des relations sociales qui peut faire perdre le gout de la vie. Il n’est pas impossible de maintenir une intégrité psychique dans la vieillesse, car il y a des capacités d’adaptation et de sublimation, même s’il existe un risque de repli sur soi : sur-narcissisme et tendance à parler uniquement de soi dans une valence mélancolique.
Être vieux c’est connaitre plus de mort que de vivants. Il y a dans notre culture une perte du sens de la mort : seule la vie semble avoir un sens. La vieillesse est la fin de la vie du corps surtout dans notre culture mais pas la fin de la vie ! Même si celle-ci s’achève un jour ou l’autre.

  • Dr Madjlessi : gériatre, Kit de repérage des troubles sensoriels SOFRESC

Fragilité sensori-cognitive.
La volonté commune est de mieux vivre, en bonne santé et avec le plus d’autonomie possible, mais les diagnostics sont fait très tard, la réhabilitation est donc trop tardive. Il faut faire un repérage le plus tôt possible. Ce repérage peut être fait par tous (ce n’est pas médical contrairement au diagnostic)
La presbyacousie est très fréquente, les troubles visuels également
45% de la population âgée pour des problèmes auditifs
60% pour les troubles visuels
Les troubles de l’équilibre entrainent des chutes : 125 000 hospitalisations par an (Lien entre audition et chutes selon de nombreuses études)
Il y a de nombreux refus d’appareillage, car les patients ne se rendent pas compte de l’isolement et la perte d’autonomie que cela peut entrainer, le risque de dépression augmenté, l’arrêt de la conduite automobile…

Le Kit de repérage est un Outil simple pour repérer le plus tôt possible les troubles sensoriels, qui nécessitent l’implication du patient et de l’équipe soignante, puis une orientation vers les médecins spécialistes. C’est un outil commun de repérage des troubles sensoriels.
Versant Audition : auto-questionnaire : 4 questions de départ et 14 questions sur les capacités d’audition
Versant Visuel : Test sur la vue + même principe d’auto-questionnaire
Versant Équilibre : Test sur appui antipodale < 5 sec : orientation vers un spécialiste et quelques questions sur les chutes
Versant Cognition : Test du codex
Tous ces éléments entrainent une synthèse des réponses et sont suivis d’une orientation vers le MT ou des spécialistes compétents.

  • Dr Fremont : psychiatre : Ces sens qui nous jouent des tours : Le syndrome de Charles Bonnet

Syndrome de Charles Bonnet (CBS) : Quand il y a une perte de sens, le cerveau s’adapte et peut être amené à fabriquer des hallucinations.
L’hallucination est une perception sans objet ce qui est très différents des Idées délirantes
Ces hallucinations « pures » sont très largement sous-estimées.
Les hallucinations les plus fréquentes sont les hallucinations visuelles, mais ce sont surtout les plus étudiées
Les hallucinations auditives peuvent être des hallucinations musicales
Il y a également des hallucinations olfactives et cénesthésiques
Charles Bonnet en 1760 comprend que son grand père voyait des choses qui n’existaient pas

Etude de Teunisse en 1996 : Etude en ophtalmologie. Il écarte les pathologies psychiatriques et les troubles cognitifs de sa cohorte. La population est de tout âge, mais il voit un lien majeur entre le CDS et le vieillissement : les patients sont en moyenne âgés de 72 ans. Les hallucinations durent de quelques secondes à quelques heures, plusieurs fois par jour. Il observe un certain détachement et une mise à distance de la part des patients concernant leurs hallucinations. Les gens comprennent que ce n’est pas normal, que les autres ne voient pas ce qu’ils voient.
Dans le CBS, ces patients ayant des troubles visuels (une DMLA dans plusieurs études) ont toujours des hallucinations très élaborées, riches, variées, colorées, des personnages, des objets ou des scènes.
Les personnes semblent s’adapter au phénomène hallucinatoire, mais il y a souvent un retentissement sur la vie quotidienne (crainte de la survenue de l’hallucination, n’osent plus sortir de chez eux, peur d’être pris pour un fou,…). Il y a un vécu douloureux de cette situation.
Ce syndrome est malheureusement trop peu souvent diagnostiqué ! Les médecins ne connaissent pas toujours ou ne savent pas toujours le repérer.

Éléments étiologiques : troubles visuels, pas de détérioration cognitive associée, pas de pathologie psychiatrique, vieillissement (+70ans)
Diagnostic différentiel avec la DCL et la Maladie de Parkinson en particulier

Traitements : Les résultats médicamenteux sont décevants. Il faut éviter la prise de neuroleptiques, tenter de corriger la pathologie ophtalmologique (DMLA : possibilité de réaliser des injections mais qui s’avèrent assez peu efficaces). Il faut surtout expliquer aux gens ce qu’est ce syndrome, les rassurer sur le fait qu’ils ne soient pas fous.
Au niveau environnemental : Il faut augmenter la lumière et ne pas hésiter à toucher l’hallucination (même chose pour les hallucinations auditives : faire du bruit pour que l’hallucination s’atténue)
Actuellement pas de preuve pour affirmer qu’il y a un lien entre CBS et démence mais certaines personnes développent une démence par la suite (pas de liens fort établis pour le moment)
Dans le cas de patients déments : faire attention à la baisse d’acuité visuelle ! Peut-être une explication des hallucinations sans délire et sans DCL. Importance d’un environnement très lumineux pour limiter les hallucinations.
Peu de travaux sur les autres sens mais même principe

  • Dr Madjlessi : gériatre : Audition et cognition

Augmentation de la population âgée de façon significative car augmentation de l’espérance de vie
Mieux vieillir c’est avoir une meilleure autonomie
On traite de plus en plus les pathologies sensorielles même au moment du vieillissement (ex : implant cochléaire ou prise en charge de la cataracte chez des octogénaires)
MA fréquente avec le vieillissement : 100 000 000 en 2050
Il faut s’interroger sur la prévention pour retarder la démence (maintenir des activités physiques et de loisirs, PEC du Diabète/HTA, nutrition, sédentarité, baisse sensorielles). Traiter ces facteurs permettrait de ralentir l’arrivée des troubles cognitifs

La réduction des performances auditives de plus de 27 décibels réduits les capacités d’autonomie et les résultats aux tests neuropsychologiques
Comment expliquer le lien entre perte cognitive et démence ? Epuisement des réserves cognitives, isolement social, diminution des stimuli perçus (moins de stimulations extérieures) et combinaison de tous ces éléments.
Repérer, diagnostiquer et traiter le plus précocement possible les troubles auditifs sont également des tentatives de prévention des troubles cognitifs
L’étude PAQUID sur les facteurs de risques dans le vieillissement montre que l’appareillage auditif reculerait l’apparition des troubles cognitifs.

  • Dr Le Bail : ophtalmologiste : Vieillissement de la vision et rééducation basse vision

Vieillissement de la vision : on vieilli dès qu’on nait. Néanmoins, en ce qui concerne la vue, celle-ci n’est pas aboutie : un bébé qui nait n’a qu’1/20eme de vision. Au bout d’un an 4/10ème. La vision continue à maturer très longtemps, la fin de l’acquisition des couleurs et des teintes se fait à l’âge de 14 ans. Puis la perte s’opère à partir de 50ans.
Modifications anatomiques : diminution du diamètre pupillaire, diminution de la sensibilité rétinienne, perte de transparence des milieux (cataracte), baisse des processus d’accommodation (presbytie)
Il y a une perte de l’acuité visuelle, mais surtout une baisse de l’adaptation à l’environnement en premier lieu
Modification de la sensibilité à l’éblouissement : très gênant. Baisse des contrastes, donc besoin de plus de lumière, mais pas trop pour ne pas être ébloui ! La composante lumière est très importante au moment du vieillissement. De nombreuses personnes arrêtent de conduire la nuit quand elles vieillissent car la gêne est importante face à l’éblouissement (difficulté de récupération après éblouissement : ex sortie de tunnel)
Rétrécissement sénile du champ visuel attentionnel (baisse de l’utilisation de tout le champ visuel, tendance à ne focaliser que sur une seule partie du champ)

Le vieillissement pathologique de la vue :
La cataracte : s’opère facilement
DMLA : forme atrophique, disparition des cellules au fur et à mesure : besoin de lumière ++. Forme exsudative : grâce aux piqures IVT, la DMLA devient une maladie chronique plus modérée, il n’y a plus de cécité complète, mais dépendance de la thérapeutique…
Myopie forte et fragilité rétinienne (-9) : Possibilité de conserver une très bonne vue de près.
Glaucome : altération du champ visuel sur un œil. Le cerveau et les yeux opèrent des stratégies de compensation qui rendent le dépistage très tardif car le patient ne s’en rend pas compte
Rétinopathie diabétique : 2% des diabétiques sont aveugles ! L’équilibre du diabète va modifier l’acuité visuelle au jour le jour (avec myopisation de l’œil certain jour et pas d’autres, la vue est donc moins bonne certains jours même avec des lunettes adaptées)
Baisse des sécrétions lacrymales : brulure de l’œil qui fait pleurer, mais les larmes ne sont plus suffisamment grâce pour être utiles : traitement par gouttes
Séquelles AVC : hémianopsie : besoin d’orthoptie +++

Toutes ces pathologies vont créer des atteintes spécifiques :
Atteinte centrale : le scotome centrale (atteinte de la DMLA) tache flou au milieu du champ. Difficulté à reconnaitre les visages car perte du centre (la compression du scotome rend difficile les stratégies de compensation car l’œil retire la partie flou, il y a donc un rapprochement des bords du champ. Le cerveau va recombiner l’image et donner une image déformée)
Atteinte périphérique : perte du champ en périphérie
Atteinte globale : Vision avec un voile blanc
Atteinte diffuse : plusieurs trous noirs
Gène à la conduite de nuit, gène à la lecture et sensation d’éblouissement plus important
Les relations sociales passent beaucoup par la vue, le déficit visuel a donc des conséquences extrêmement importantes et peut être une réelle source d’angoisse.
Malvoyant : 4/10ème
Cécité légale : 1/20ème
Mais la cotation de l’acuité visuelle ne prend en compte que la vue de loin uniquement, alors que parfois, on peut avoir une vision efficiente de près ou en vision intermédiaire.
Il est important de calculer le retentissement sur le quotidien (perte du regard social : perte de contact visuel avec autrui, fluctuation de l’acuité en fonction de la fatigue, notion de fatigabilité)

Lien entre dégénérescence visuelle et troubles cognitifs : le fait d’être isolé permet moins de stimulations
De plus, un syndrome dépressif est souvent associé à un déficit de l’acuité visuelle, ce qui réduit beaucoup les possibilités de prise en charge de récupération, car ces séances nécessitent beaucoup de concentration et d’attention
La baisse de l’acuité peut engendrer des chutes mais également un phénomène d’inhibition motrice par peur de la chute
Quelle PEC ? : La réadaptation (travail sur les mouvements de l’œil, stratégies de compensation pour améliorer l’efficacité de la vue) + étude des aides optiques + travail sur l’adaptation du quotidien et de l’ergonomie de l’environnement (parfois besoin d’un suivi psychologique également).
On commence par un bilan d’évaluation, puis on formalise un projet d’accompagnement de rééducation
Au-delà de 60 ans : il n’y a plus de remboursement par la sécu, il faut procéder à une déclaration de handicap auprès du MDPH pour avoir des remboursements

  • Mme Penot : SAVS (Service d’Accompagnement à la Vie Sociale pour les adultes handicapés jusqu’à 60 ans, possible dérogation jusqu’à 70 ans) : Les aides de rééducation pour les personnes déficientes visuelles

Les troubles visuels ne représentent que 8% de la population handicapée en France : il y a donc assez peu de PEC
Le SAVS propose un accompagnement global prenant en compte tous les champs sociaux et personnels de la personne (emploi, vie familiale, logement,…)
Leur intervention se fait dans un contexte post-hospitalier, après une rééducation en milieu hospitalier : missions d’acquisitions ou rétablissement de l’autonomie et conseil pour l’entourage/les aidants

Rééducation fonctionnelle : locomotion, se déplacer en sécurité et avec aisance. Ils travaillent également sur l’amélioration et l’appui sur les autres sens : audition, kinesthésie et développement des capacités cognitives (représentation mentale et capacité attentionnelle surtout)
Rééducation à la vie journalière : technique pour se servir (éviter de faire déborder le verre), pouvoir associer les couleurs pour s’habiller (reconnaitre ses vêtements) entretien du linge et du domicile, soins personnels (se raser, se maquiller,…), cuisiner et reconnaitre l’argent par exemple.
Avoir les bonnes techniques d’utilisation des objets + utilisation de butée tactile (surépaisseur tactile pour se repérer sur les plaques de cuisson par exemple).
Apprentissage du braille et utilisation de synthèse vocale pour compenser la perte d’acuité.
Orthoptie, psychomotricité,…
Le soutien psychologique est très important !! (Entretiens individuels pour verbaliser son vécus et ses inquiétudes)
Accompagnement social : pour aider au maintien à domicile et mise en place d’aide financière ou professionnelle
Structure de rééducations : SSR/MPR, SAVS ou SAMSAH,…

  • Dr Bouccara : ORL : Vieillissement de l’audition

Un certain nombre de barrières dans la prise en charge de l’adulte âgé au niveau ORL sont tombées. On peut maintenant proposer des thérapeutiques chez le sujet de plus de 80 ans.
L’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé progresse, ce qui entraîne une volonté de garder une bonne autonomie et un besoin de communiquer important.
1/1000 personne nait avec une surdité sévère
1/700 personnes sont sourdes à l’âge adulte
2/3 nécessite une PEC à partir de 70 ans.
Il y a 5 182 000 malentendants en France
La presbyacousie est néanmoins un vieillissement normal du système auditif : zone de fragilité, réduction des cellules au niveau de la cochlée (contrairement au tympan ou aux osselets qui ne s’abiment pas avec l’âge)
La baisse des cellules ciliées, déjà assez peu nombreuses de base et peu protégées, entraine une baisse de l’acuité auditive. Cette perte est surtout liée aux effets du bruit
On utilise l’audiométrie pour tester l’audition
La baisse auditive touche surtout les fréquences aigües et la surdité est bilatérale

Le diagnostic est établi en fonction de différents symptômes :
Gêne en situation bruyante, en réunion
Isolement, repli sur soi (importance d’y prêter attention quand changement de comportement)
Acouphènes fréquents
Vertiges

Le 1er contact avec le patient est important car le principal traitement proposé est l’appareillage, ce qui n’est pas spontanément bien accepté ! (quelle est la demande du patient ? Est-ce celle de l’entourage, les troubles auditifs sont-ils un frein dans les activités)
On procède ensuite à un bilan auditif avec audiométrie tonale et audiométrie vocale
Une fois le diagnostic de presbyacousie posé, on propose le plus souvent un appareillage, avec parfois l’ajout d’une rééducation orthophonique.
Il y a une différence entre gêne auditive et les formes évoluées avec un retentissement important sur les AVQ
Il est importance de proposer un appareillage le plus tôt possible, car on observe une aggravation d’environ 2db/ans. (Il y a probablement un facteur génétique dans la survenue de troubles auditifs sévères)

Quels traitements pour la presbyacousie ?
Il ne sert à rien d’attendre car il n’y aura pas d’amélioration spontanée, la baisse s’accentue avec le temps et le risque d’impact sur le quotidien est réel.
Les appareils auditifs ne dégradent pas l’audition (pas d’altération de l’oreille interne) ils sont beaucoup plus sophistiqués qu’avant. Ce sont des appareils numériques, miniaturisés, avec des embouts souples et un système de détection de la voix humaine (les bruits de fond sont compressés et la voix humaine amplifiée)
Les systèmes intra-auriculaires ne sont pas adaptés à toutes les pertes auditives contrairement aux systèmes ouverts
Quand la perte de l’acuité auditive est très importante, on peut proposer la pose d’un implant cochléaire. Il n’a pas d’obstacle du vieillissement, sous réserve d’une évaluation complète et cognitive de la personne, car cela nécessite une opération et une rééducation

  • Dr Bouccara : ORL : Troubles de l’équilibre

Le risque de chute augmente avec l’âge et les conséquences de ces chutes sont de plus en plus graves : 10 000 décès par an et risque de fractures très important.
Ce risque de chutes peut être majoré par une polymédication, la prise de psychotrope, les troubles de la marche et de l’équilibre, les troubles de l’acuité visuelle, le fait d’avoir plus de 80 ans, les démences, un environnement mal adapté,…

Il y a une évolution naturelle de la masse musculaire et de l’équilibre, un vieillissement sensoriel et cognitif
Il n’y a pas de preuves d’une dégradation du fonctionnement vestibulaire (Presbyvestibulie), on note surtout une sous-utilisation du système vestibulaire au moment du vieillissement (test avec les yeux fermés : fragilité de l’équilibre)
L’HTO est une des causes les plus importantes de chutes, les troubles urinaires aussi (risque de chutes de nuit)
Plusieurs tests permettent d’évaluer l’équilibre : Time up and go test (temps de réaction), test unipodal (troubles si < 5sec), walking and talking test (double tache), poussée sternale (gestion de l’équilibre)

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces troubles :
La personne a eu un TC et des troubles de l’équilibre persistants (Attention au risque d’hématome sous durale !)
Problème ORL (des cristaux se déplacent dans les canaux : vertige positionnel au moment des changements de position avec sensation vertigineuse ou des vertiges de Ménière également)
En l’absence d’arguments en faveur d’une pathologie ORL :
Correction des carences en vitamines
Réduction de l’alcool
Évaluation d’une possible interaction médicamenteuse ou iatrogénie
Être vigilant sur la nouveauté de ce symptôme

  • Dr d’Urso : médecin EHPAD

Le système du goût est un système de transmission de stimuli extérieurs vers des récepteurs, puis un envoi au système interne du cerveau
Le goût est un ensemble de sensations qui nous parvient lorsque l’aliment est mis en bouche. Mais la part olfactive est très importante !!
Il y a plusieurs types de papilles gustatives (sur la langue, le palet)
On sent tous les éléments à tous les niveaux de la langue. Il y a 4 gouts fondamentaux : sucré, salé, amère et acide + une série d’autres goûts (ex : métallique, gras,….)

La naissance du gout : L’attirance vers le goût sucré est innée contrairement au gout amer. L’enfant va rejeter ce qu’il ne connait pas (peur du risque, de l’inconnu). Importance de ce qui est mangé par la mère pendant l’allaitement : phase d’apprentissage et d’évolution du goût.
Le goût se modifie avec le vieillissement
Le sens olfactif est 10 000 fois plus puissant que le sens gustatif. On peut arriver à troubler un goût si on donne des indices olfactifs différents, la vue également influencerait nos choix gustatifs
Les seuils de perception du goût sont très différents d’une personne à l’autre et le nombre de papilles également.
La saturation des récepteurs fait disparaitre la perception d’un goût. La période d’apprentissage du goût est malléable. Le goût peut être influencé entre autre par la température (+ sucré quand chaud)

Le vieillissement a un impact sur les glandes salivaires et sur le nombre de papilles. On observe une modification physiologique de 30% pour le sucré et 70% sur le salé. Baisse du seuil de discrimination des saveurs.

Étiologie des troubles du goût :
Les médicaments : antibiotiques, anti inflammatoires,…. On ne demande jamais les effets secondaires à ce niveau alors qu’ils sont fréquents
La sècheresse buccale ou les mycoses buccales
Les atteintes de la bouche (problèmes dentaires, tabac/alcool, pathologies dentaires et d’hygiène buccale,…)
Les repas ne doivent pas être trop secs. Il faudrait faire cuire de façon dissocier les aliments car sinon perte des goûts. Utiliser des épices comme exhausteurs de goût, mais pas trop sinon risque de saturation.
Importance d’une bonne présentation : On ne goute pas avec la langue mais avec le cerveau !! (Ex: madeleine de Proust)

  • Dr Moulias

Il est impossible d’avoir du goût quand on n’a pas d’odorat. L’anosmie perturbe le rapport à l’autre et provoque de gros troubles du goût. Les personnes anosmiques ont quasiment tous des dépressions massives. Principe de plaisir quasiment annulé du fait de la perte d’odorat.

Atelier olfactif en UGA :
Entretiens avec les aidants et entretiens avec les soignants pour évaluer l’intérêt
Les patients ont une meilleure estime d’eux-mêmes, cet atelier permet un travail de mémoire, un changement de regard sur l’autre, une stimulation olfactive
La recherche sur l’odorat est généralement purement scientifique (réflexion cellulaire, neuro anatomique,…).
C’est un sens qui stimule la mémoire, ce qui permet de tester différents types de mémoire au travers de bilans neuropsychologiques (mémoire des mots, mémoire visuelle). On peut maintenant proposer des tests de mémoire olfactive (A semaine, 1 mois, 6 mois après. + de 80% de souvenirs de l’odeur contre 40% pour les mots et les formes)
Pour reconnaitre une odeur, il faut savoir dire ce que l’on sent
Le système olfactif qui traite les odeurs est composé entre autre : bulbe, lobe frontale, amygdale, hypothalamus, hippocampe. Une grosse partie de ce circuit est également utilisé pour traiter la mémoire
Malgré les perturbations de l’odorat, les patients ayant des troubles cognitifs peuvent toujours travailler la mémoire par l’olfaction
L’œnologie utilise la mémoire olfactive et peu la mémoire gustative

  • Christophe BURGONI, psychomotricien Ste Périne : L’intérêt de la sensorialité pour favoriser l’initiative psychomotrice chez le patient sévèrement dément.

Bilan de psychomotricité :

  • Posture : restaurer une posture qui n’entrave pas les capacités sensorielles du patient / réglage du fauteuil en fonction de ce qui est proposé au patient
  • Possibilité du patient au niveau sensoriel : le regard, présentation d’un objet…pour voir si le patient réagit à l’objet, le toucher (réaction du patient au toucher : peut surprendre ou peut apaiser), au niveau auditif,…
  • Intérêt de la stimulation multi sensorielle

Le toucher du point de vue du psychomotricien :
Cela peut être par un regard, une vibration, une pression, à pleine main
Le non verbal est fondamental
La parole est importante
Le patient a besoin d’être en confiance. Il faut sortir du toucher technique pour être bien en relation avec le patient

L’intérêt : approche relationnelle qui vise à ce que le patient soit dans les meilleures conditions possibles

  • Christelle COHEN, psychomotricienne ESA et EHPAD à Maison Laffite : Snoezelen : approche différente des troubles du comportement des patients atteints de la MA

Qui peut toucher, comment ? Pour apaiser les personnes démentes (troubles du comportement sévères), plutôt utilisé en EHPAD
Contraction de 2 mots hollandais
C’est une approche particulière : Espace sombre ou chariot utilisé pour aller dans les chambres
Stimulation visuelle : Aquarium avec poissons, guirlandes lumineuses violettes, mauves pour apaiser, pas de lumière extérieure
Stimulation auditive : musique douce
Stimulation olfactive : fiole avec des senteurs, diffuseur d’huiles essentielles
Séance de relaxation : fauteuil de relaxation mais la personne peut rester debout si elle le souhaite
Début du toucher en étant vigilant aux gestes de la personne et à ses réactions
L’impact : difficilement mesurable, plus qualitatif que quantitatif. On voit si la personne est moins agitée, plus calme.

  • Remplaçante de Romola SABOURIN, psychanalyste, école des 5 sens, Paris : Impact des 5 sens sur la communication dans la relation d’aide aux PA

Proposition de formations pour se centrer sur les sensations. Pleine présence à soi, à l’autre et aux autres. Pédagogie sensorielle : ce que l’on perçoit de soit même et des autres.
Outil pour aider à la communication et à la relation
Apprendre à reconnaitre ses sensations qui peuvent être déplaisantes, pour éviter l’épuisement et la maltraitance
Le patient ne peut lui-même exprimer sa souffrance : il faut être à l’écoute de ce que l’on perçoit de l’autre. Il faut une attention particulière. Il faut savoir comment utiliser ce que l’on perçoit

Mise en pratique : à deux, lever le bras de l’autre personne en douceur jusqu’à ce que l’on sente que le bras de l’autre est levé dans une position confortable. A tour de rôle.
Pour se mettre dans la position de l’aidant et la position de l’aidé
Réflexion autour de ce qui a été ressenti : accompagnement du bras ? Qui a aidé l’autre ? Est-ce que la personne aidée à lever son bras ou à laisser l’autre à lever le bras ? Est-ce que l’autre a accepté la position d’aidé ?

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